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Hommage à Simon Petlura à Paris
Biographie de Symon Petlura (1879-1926) Symon Petlura est né le 23 mai 1879, à Poltava dans la modeste famille d’un descendant de cosaques ukrainiens. Il était le troisième d’une fratrie de neufs enfants, quatre garçons et cinq filles. Les parents Vassyl et Olha avaient une petite entreprise de location de voitures. A l’âge de 10 ans, il entre au séminaire de sa ville natale. L’année 1900 marque un premier tournant dans la vie de Symon Petlura. Devenu président de la section de Poltava du Parti révolutionnaire ukrainien, il fait sienne la célèbre devise du théoricien Mikhnovskyj « pour une Ukraine indépendante» Renvoyé du séminaire et fuyant la police tsariste, il part pour le Kouban, région peuplée par des Cosaques ukrainiens chassés de la Sitch des Zaporogues par Catherine II. Là, à Krasnodar, il continue son action militante et gagne sa vie en tant qu’instituteur. Grâce à l’appui de l’académicien Korch, il obtient un poste de chercheur dans les archives de l’armée du Kouban. Après une incarcération de quelques mois pour militantisme, il revient en Ukraine, mais menacé de nouveau, il part pour Lviv en Galicie, région alors annexée à l’empire austro-hongrois. Après la révolution de 1905, le régime tsariste est obligé de reconnaître la légitimité des aspirations nationales des non russes et se libéralise quelque peu. Rentré à Kyïv, S. Petlura s’intéresse à la littérature et collabore à des publications ukrainiennes tolérées par le gouvernement comme «Slovo-la Parole » Grâce aux ouvrages littéraires et aux journaux qui viennent pour la plupart de Galicie, la conscience nationale ukrainienne commence à se développer, ce qui inquiète vivement le gouvernement tsariste si bien qu’en 1911 sur l’ordre de Stolypine, toute littérature en langue ukrainienne est de nouveau interdite et que la répression s’abat sur l’Ukraine Traqué par la police, emprisonné à plusieurs reprise, Symon Petlura s’installe à Saint Petersbourg afin de pouvoir s’exprimer un peu plus librement. Il devient le rédacteur du mensuel « Vilna Ukraïna – l’Ukraine libre » En 1912, il est rédacteur en chef de la revue en langue russe « Ukraïnskaja Zhyzn’- la vie ukrainienne ». Son activité et son rayonnement à Moscou sont tels que l’académicien russe Korch prononce à son sujet des phrases devenues célèbres «Les Ukrainiens eux-mêmes ne savent pas qui ils ont parmi eux. Ils pensent que Petlura est un grand rédacteur, un patriote, un homme d’action. Tout cela est vrai mais ce n’est pas tout. Petlura est plus important qu’on ne le croit. Il est de la race des chefs, autrefois les hommes de cette trempe fondaient des dynasties, mais à notre époque démocratique, ils deviennent des héros nationaux. Il vit actuellement dans des conditions défavorables qui ne lui permettent pas de s’affirmer. Mais qui sait s’il n’y aura pas de changement et si cela change, il deviendra le conducteur du peuple ukrainien » En 1917, mobilisé dans l’armée tsariste, S. Petlura organise des unités ukrainiennes sur le front du Sud-Ouest et, au mois de mai de la même année, le premier Congrès militaire qui se tient à Kyïv, le choisit comme président du Comité général de Guerre. Puis il devient Secrétaire général à la Guerre dans le Gouvernement autonome d’Ukraine. Après son coup d’Etat, Lénine reconnaît l’indépendance de l’Ukraine mais dans le même temps lui déclare la guerre. Dans cette période troublée, des divergences éclatent au sein de la Rada centrale les uns entament des pourparlers à Brest Litovsk avec les Puissances centrales et la Russie, les autres dont Petlura veulent faire confiance à l’Entente. S. Petlura finit par démissionner. Cependant lorsque Kyïv se trouve menacée par l’armée rouge, Symon Petlura reprend aussitôt le commandement de l’armée et, le 4 février 1918, c’est la célèbre victoire de l’Arsenal qui chasse les unités russes de Kyïv. Mais privée de vivres et de munitions que l’Entente refuse de vendre à l’Ukraine, l’armée ukrainienne doit se retirer de la capitale après la seconde attaque de Mouriaviov. Le lendemain de la chute de Kyïv, l’Ukraine signe avec les Puissances centrales la paix de Brest Litovsk, le 9 février 1918. Après la prise du pouvoir par l’hetman Skoropadkyj, S. Petlura passe dans l’opposition. Le 14 décembre, après l’abdication de Skoropadskyj, se met en place un Directoire de 5 membres, au sein duquel Symon Petlura est chargé de la Défense nationale. En 1920, Symon Petlura conclut avec la Pologne un traité d’alliance contre l’envahisseur bolchevique. Mais après l’échec de l’offensive polono-ukrainienne, il est contraint à l’exil avec son gouvernement et s’installe en Pologne. De 1921 à 1923, il réside à Tarnow puis à Varsovie. Enfin en octobre 1924, Symon Petlura arrive à Paris. La France, symbole de la liberté et des Droits de l’Homme avait toujours exercé sur lui une sorte d’attrait magique. Symon Petlura mène à Paris une vie active ; il dirige le gouvernement ukrainien en exil et s’attache à réaliser l’unité de l’émigration ukrainienne. Le 25 mai 1926, à la sortie du restaurant, il est interpellé par Samuel Schwartzbard qui sort un pistolet automatique et tire. Atteint à bout portant, Petlura tombe à terre mais l’assassin tire encore six autres balles. Transporté à l’hôpital, Symon Petlura meurt sans avoir repris connaissance.
Le procès de l'assassin de S.Petlura qui se déroulait à Paris, a été instrumentalisé par les autorités soviétiques, par l'intermédiaire du Komintern, pour compromettre l'idée de l'indépendance ukrainienne en remettant sur l'un de ses artisans la responsabilité des persécutions des Juifs, tandis qu'elles avaient pour seule cause la politique officielle d'antisémitisme, partie intégrante de la l'idéologie de l'Empire russe. |
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